Après trois ans de prépa lettres spé philo au Lycée du Parc, me voici devant un choix à faire : poursuivre mes études de lettres en faisant un double master (lettres/philo) et en tentant d'intégrer Normale Sup en tant qu'auditeur libre? Ou me lancer dans les études de management à Marseille, Euromed, école que je souhaitais avoir entre toutes, car m'amenant au métier que je désire faire, tout en n'étant pas trop loin de Lyon, et donc de tout mon côté affectif...(je ferai plus tard un autre topo sur Euromed).
Si je faisais le choix de continuer dans la littérature, je restais à Lyon, ce qui était confortable et rassurant : amis, famille, asso, musique, boulot...Mon bonheur était là, à portée de mains (et de pieds)...Mais quel était mon avenir professionnel? l'enseignement...Enseigner, oui, j'aime ça...Toute ma vie? non...Et enseigner quoi? la philo, or si j'ai savouré ces années de philo en prépa, si j'ai même fait mes preuves en dissertation, il faut bien admettre que je n'ai aucune culture philosophique...rien, le blanc, ou le trou noir, choisissez la couleur...
Donc points positifs : mes amis, ma famille, mon asso...mon équilibre quoi...et un master qui aurait eu, je pense, pour intitulé : la notion de plaisir dans le bouddhisme et l'épicurisme...en souvenir de cet exposé sur le Kama Sutra...et par passion pour les "philosophies/religions" orientales...
Quant à cette école de Marseille, elle offrait divers aspects emballant : le climat (oh joie! moi qui suis une latine pure souche, de voir le soleil plus de 4 mois par an!), l'école en elle-même, bien située en plein milieu des calanques (quel paysage!), la nouveauté (moi qui ne supporte pas l'ennui et qui aime partir à l'aventure), les possibilités de stage à l'étranger (la Suède! le Canada! l'Australie! La Californie ! que de rêves...), de nombreuses assos dans lesquelles s'investir (notamment le BDA!) ,une formation personnalisée (c'est à nous de choisir notre parcours, en sélectionnant les cours de notre choix) qui m'amène directement au métier que je voudrais faire et qui me passionne : Management dans l'évènementiel et/ou le culturel...
Mais voici ce qui m'angoisse :
La ville : je ne m'y sens pas bien (pour le moment) je la trouve sale, oppressante, et un sentiment qu'on va se faire tuer à chaque coin de rue....mais bon, ce n'est qu'une première impression!
Les gens : j'y ai croisé un beau ramassis de kékés et de stéréotypes de touts styles...mais bon, ne faisons pas de généralité...
Le commerce/business : vais-je tomber sur une classe où primeront les marques, les enjeux de la bourse, l'objet, le matériel, la mode, les soirées en boite-trop-cool-on-va-se-bourrer-la-gueule-au-champagne? Tout cela ne me ressemble pas, vous me connaissez, moi l'abstraite, la rêveuse un peu étourdie, celle qui aime créer, qui recherche l'esthétique et la poésie au delà de tout, celle qui se veut originale, anti-conformiste., qui cherche la profondeur et déteste ce qui est superficiel? Mayday....j'ai peur...mais peut-être qu'au fond c'est moi qui met une étiquette, qui fait des lieux communs, qui enferme les gens dans des a priori...Je me trompe peut-être du tout au tout (enfin le "topic" qui a le plus de succès sur le forum de l'école reste notamment celui consacré au WEI = Week-end d'Intégration = beuverie.....vous me direz : "genre ça va te choquer? toi qui a cotoyé pendant des années les metalleux qui ne parlent que de bière et de guitare?"...non en effet...mais quand c'est allié à une petite bourgoisie élitiste et Bobo, c'est encore pire...selon moi)
MOI : pas par égocentrisme...par "introspectisme"...mon équilibre a toujours été constitué par ma famille, mes amis et ma musique...l'affectif et l'art...je vais dans une ville que je ne connais pas, où je connais peu de monde, et où je n'ai ni mon asso ni mon groupe...
J'ai fait le choix de Marseille car il faut se lancer un jour ou l'autre dans sa vie, il faut oser, et j'aime les challenges, et je me dis qu'après trois ans de prépa, et toutes ces claques, ces embûches, ces coups durs que la vie nous envoie parfois et que j'ai pu recevoir, je suis toujours debout, donc ce n'est pas l'éloignement, la nouveauté, et un travail sur moi-même (encore un!) qui vont me faire peur...
Je sais ce que je laisse derrière moi en partant, je sais aussi ce que je risque de perdre...
Je ne sais pas ce que je vais trouver ni gagner...
Je sais que c'est une page qui se tourne après ces trois ans de reconstruction progressive et parfois difficile...
Je ne sais pas si je vais construire ou si cela va me détruire...
Je sais que c'est un risque car mon équilibre est fragile..
Je sais ceux qui resteront et ceux que j'effacerai au fil et à mesure du temps...
Et finalement on en revient toujours au même point : je ne sais qu'une chose, c'est que je ne sais rien...
Goethiquement vôtre...


